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Best of the Best : la danse Bollywood-fusion prend la scène

Best of the Best : la danse Bollywood-fusion prend la scène

B-EMPIRE Magazine

Une équipe de danse peut être à la fois une scène, une famille provisoire et un lieu de rivalité. C’est le terrain choisi par Best of the Best, disponible sur Netflix depuis le 18 septembre 2026. La comédie réalisée par Lena Khan suit Maya et Anjali, deux amies d’enfance interprétées par Maitreyi Ramakrishnan et Priyanka Kedia. Elles rejoignent l’équipe de danse Bollywood-fusion de UCLA, avec l’espoir de participer au championnat national. Sur le papier, le chemin paraît balisé ; la particularité du projet tient au milieu culturel qu’il choisit de mettre au premier plan.

Le campus comme lieu de création

La danse Bollywood-fusion universitaire associe chorégraphies, musiques et références de plusieurs traditions dans une compétition collective. Elle ne se réduit pas à un numéro inséré dans une comédie romantique : elle demande répétitions, coordination, direction artistique et endurance. Les scénaristes Hasan Minhaj et Prashanth Venkataramanujam disent avoir puisé dans les équipes et concours qu’ils ont connus pendant leurs études. Leur point de départ est donc une pratique sociale précise, souvent intense pour des étudiants qui jonglent avec des cursus exigeants.

Ce choix donne une autre fonction au campus. Dans beaucoup de récits d’apprentissage, l’université sert de décor général pour les premiers amours et les conflits de génération. Ici, elle devient aussi le lieu où des jeunes gens produisent leur propre culture en groupe. Les compétitions offrent un espace pour se montrer, mais aussi pour négocier sa place parmi des pairs qui partagent des références sans partager nécessairement les mêmes ambitions.

L’amitié mise à l’épreuve par l’ambition

Le duo Maya-Anjali donne au film son axe émotionnel annoncé. Deux amies qui entrent ensemble dans une équipe ne vivent pas forcément la compétition de la même manière. La promesse de victoire peut rapprocher un groupe, puis faire apparaître des différences de rythme, de désir et de confiance. Netflix présente le chemin vers le championnat comme plus tumultueux et plus dur que prévu. Il serait prématuré de raconter les conflits précis ou leur résolution sans les avoir vérifiés dans le film ; ce qui est établi, c’est que l’amitié et la rivalité occupent le même espace.

Minhaj décrit le projet comme une histoire de sororité, d’amitié et d’acceptation de soi. Ce vocabulaire peut sembler familier, mais le cadre de danse lui donne un enjeu concret. Un numéro ne tient que si chacun respecte le temps des autres. La réussite individuelle doit entrer dans une forme commune. C’est une mécanique dramatique naturelle pour parler du passage à l’âge adulte, lorsque trouver sa voix ne signifie pas forcément quitter le collectif.

Une comédie écrite de l’intérieur

Hasan Minhaj et Prashanth Venkataramanujam ont travaillé ensemble sur Patriot Act avant de revenir, pour ce film, aux souvenirs des concours étudiants. Dans un entretien publié par Netflix, ils évoquent les répétitions longues, les intrigues de groupe et l’énergie de ces manifestations. Minhaj y voit une lettre d’amour à un moment de vie où la culture sud-asiatique peut être célébrée publiquement. Cette origine ne garantit pas l’authenticité de chaque scène, mais elle situe le regard du film : les personnages ne sont pas seulement observés de l’extérieur.

La réalisatrice Lena Khan souligne, elle, la coexistence de plusieurs registres : spectacle, ambition, humour et relation entre amies. Elle cite une esthétique proche du clip et une mode travaillée comme des éléments de sa vision. Le défi est d’éviter que la virtuosité visuelle absorbe les personnes qui dansent. Dans un bon film de groupe, la chorégraphie n’est pas seulement une séquence spectaculaire ; elle révèle qui écoute, qui mène, qui hésite et comment les rapports changent au fil des répétitions.

La représentation ne se limite pas au casting

Voir une comédie centrée sur des étudiants sud-asiatiques compte, mais la présence de visages à l’écran n’est qu’une partie du sujet. Ce qui distingue potentiellement Best of the Best, c’est la place accordée à une activité culturelle organisée par ces jeunes eux-mêmes. Ils ne sont pas seulement les héritiers d’une tradition familiale ou les objets d’un regard extérieur ; ils la retravaillent dans une forme collective, compétitive et contemporaine. La fusion est ici une pratique artistique, non une étiquette vague pour signifier la diversité.

Le film arrive sur une plateforme mondiale, où des spectateurs très éloignés de ces concours peuvent le découvrir. Cela ouvre une possibilité de reconnaissance, mais aussi un risque de simplification. Présenter le circuit de danse uniquement comme exotique ou excessif réduirait sa richesse. Les informations communiquées avant et au moment de la sortie insistent plutôt sur son énergie, ses tensions et sa valeur de communauté. Le jugement sur la manière dont le film tient cette promesse appartient maintenant aux spectateurs et aux critiques.

Une sortie, pas encore un verdict

Netflix annonce un film de 1 h 52, accessible depuis le 18 septembre. Outre le duo principal, Hasan Minhaj apparaît dans le rôle d’un professeur ; la distribution comprend notamment Ankur Rathee, Janina Gavankar et Lilly Singh. Ces éléments permettent de situer l’œuvre, pas d’en faire la critique sans projection. Ce que sa sortie rend déjà visible est une ambition bienvenue : traiter une scène artistique universitaire comme un monde assez dense pour porter une grande comédie de jeunesse, plutôt que comme une simple parenthèse musicale.

Sources

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