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Isabel Schnabel : comment la BCE a navigué entre faible inflation et chocs inflationnistes

Photo : Foto: Gregor Fischer/Wikimedia Commons — CC BY 2.0.

Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a livré une réflexion approfondie sur les défis récents de la politique monétaire lors de la conférence de la BCE sur les marchés monétaires en 2026.

Elle souligne que les sept dernières années ont été marquées par une transition majeure : d’une période prolongée d’inflation trop basse à une ère caractérisée par des chocs inflationnistes récurrents. Cette évolution s’est déroulée dans un contexte économique mondial de plus en plus fragmenté et tendu géopolitiquement.

Au début de la pandémie, la BCE faisait face à une inflation historiquement basse, en partie due à la mondialisation et à l’intégration économique de la Chine, qui avaient abaissé les coûts de production globaux. Par ailleurs, les séquelles de la crise financière mondiale et de la crise de la dette souveraine avaient affaibli les bilans publics et privés, pesant sur la demande et l’activité économique.

Cette conjoncture avait conduit à une croyance largement répandue que la faible inflation était un phénomène structurel, orientant la politique monétaire vers la remontée de l’inflation vers l’objectif fixé. Cependant, la BCE a sous-estimé le tournant vers un nouveau régime inflationniste, ce qui a retardé la reconnaissance des risques inflationnistes persistants.

Isabel Schnabel met en avant deux enseignements clés : d’abord, la nécessité pour les banques centrales de préserver leur marge de manœuvre en évitant des engagements rigides qui limiteraient leur capacité d’adaptation rapide. Ensuite, elle souligne que les modèles analytiques traditionnels n’avaient pas anticipé certains aspects de l’inflation actuelle, notamment le renforcement de la courbe de Phillips lié à la fréquence accrue des ajustements de prix par les entreprises pour protéger leurs marges face à la hausse des coûts.

Elle évoque aussi le rôle accru des profits des entreprises dans le processus inflationniste, une dynamique différente de celle observée lors des périodes d’inflation élevée passées. Ces observations suggèrent que la BCE doit continuer à ajuster ses outils et ses analyses pour répondre à un environnement économique en mutation rapide.

En conclusion, Isabel Schnabel invite à une vigilance constante et à une flexibilité accrue dans la conduite de la politique monétaire, afin de naviguer efficacement dans un contexte mondial marqué par l’incertitude et la volatilité.

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