Deux stars, un avion abattu et une alliance impossible derrière le rideau de fer : Apple TV mise sur une collision de tempéraments pour lancer l’un des films les plus visibles de sa rentrée. Disponible mondialement ce 4 septembre 2026, y compris en France, Mayday réunit Ryan Reynolds et Kenneth Branagh dans une comédie d’action qui emprunte autant au film d’espionnage qu’à la grande tradition du buddy movie. La promesse est simple, spectaculaire et immédiatement internationale. Mais les premières critiques, très partagées, transforment déjà cette sortie en test pour la puissance des stars à l’ère du streaming.
Le film arrive sans détour par les salles, directement sur Apple TV. Dans un calendrier de rentrée chargé, cette stratégie lui donne un avantage décisif : le même récit, les mêmes vedettes et la même campagne peuvent toucher simultanément des abonnés dans plus de cent pays et régions. En France, la plateforme annonce une disponibilité le 4 septembre, une durée de 1 h 50 et des options de sous-titrage en français. Mayday n’est donc pas seulement une nouveauté hollywoodienne : c’est un lancement culturel mondial conçu pour devenir une conversation de week-end.
Une mission secrète qui tourne au face-à-face improbable
L’action se déroule en 1987, au plus fort des dernières années de la guerre froide. Ryan Reynolds incarne Troy « Assassin » Kelly, un pilote de l’US Navy envoyé en mission secrète au-dessus du territoire soviétique. Son appareil est abattu et le militaire se retrouve isolé derrière les lignes ennemies. Il est recueilli par Nikolai Ustinov, ancien agent du KGB joué par Kenneth Branagh, un homme bourru dont la fascination pour la culture américaine brouille immédiatement les frontières entre adversaire, geôlier et allié.
Ce point de départ permet au film de retourner les codes classiques du thriller d’espionnage. Au lieu d’une confrontation purement idéologique, les réalisateurs et scénaristes Jonathan Goldstein et John Francis Daley construisent leur récit autour d’un duo forcé de se comprendre. L’un parle vite, improvise et dissimule la peur derrière l’humour ; l’autre observe, encaisse et semble porter tout le poids d’un monde fermé. La survie devient une négociation permanente entre deux hommes que l’Histoire désigne comme ennemis.
Pourquoi l’ombre de Top Gun compte autant
Mayday assume ouvertement son dialogue avec le cinéma d’action des années 1980. Le film se situe un an après la sortie du premier Top Gun, devenu dans l’histoire un objet de fascination pour le personnage de Branagh. Selon les réalisateurs, l’équipe a même obtenu l’autorisation de Tom Cruise pour utiliser des images du classique. Ce détail n’est pas un simple clin d’œil : il révèle la mécanique du projet, qui cherche à recréer l’énergie d’un divertissement ancien tout en le regardant avec l’ironie contemporaine.
Le choix du SR-71 Blackbird, avion de reconnaissance devenu icône technologique, renforce cette impression de grand spectacle nostalgique. Pourtant, l’enjeu du film ne repose pas uniquement sur les machines ou les explosions. Apple présente Mayday comme une comédie d’action « qui renverse le thriller d’espionnage ». La véritable arme commerciale est donc le contraste entre Reynolds, associé à un humour méta très identifiable, et Branagh, acteur shakespearien capable de passer du drame historique au blockbuster.
Kenneth Branagh, la surprise que les critiques regardent
Les premières réactions convergent sur un point : Kenneth Branagh pourrait être le cœur inattendu de l’expérience. L’Associated Press estime que son personnage possède l’arc narratif, la comédie et l’âme du film. Le Los Angeles Times souligne de son côté le plaisir visible que prennent les deux vedettes à jouer ensemble. Même lorsque les avis divergent sur le scénario ou le dosage des plaisanteries, la présence physique et comique de Branagh donne au lancement un élément de surprise que la campagne centrée sur Reynolds ne suffisait pas à promettre.
D’autres critiques sont plus sévères. Certaines reprochent au film de dépendre de réflexes déjà familiers : nostalgie des années 1980, références complices, action luxueuse et personnage de Ryan Reynolds proche de son image publique. Cette fracture est précisément ce qui peut nourrir la curiosité. Mayday arrive avec un concept accessible, mais il sera jugé sur sa capacité à dépasser le simple assemblage de marques reconnues.
Le vrai test : une superproduction peut-elle devenir un événement à domicile ?
La sortie directe en streaming change la mesure du succès. Il n’y aura pas de box-office mondial public permettant de raconter une victoire ou un échec en un chiffre. Apple devra imposer le film par la visibilité de sa page d’accueil, les conversations sociales, la fidélisation des abonnés et sa capacité à voyager d’un marché à l’autre. Avec Reynolds et Branagh, la plateforme dispose de deux visages mondialement connus. Avec la guerre froide, l’aviation et l’humour, elle possède un récit facile à présenter en quelques secondes.
Cette formule illustre aussi la transformation du cinéma populaire. Les plateformes ne cherchent plus seulement à compléter les salles : elles veulent fabriquer leurs propres rendez-vous mondiaux, capables d’occuper un vendredi soir à Paris, Londres, New York, Lagos, Dubaï ou Séoul. La disponibilité immédiate et les nombreuses langues proposées réduisent la distance entre une première hollywoodienne et le public international. Mais cette accessibilité rend également la concurrence plus brutale : un film peut être lancé partout et disparaître presque aussi vite s’il ne provoque pas d’attachement.
Ce que Mayday doit réussir pour durer
Pour ne pas devenir une simple vignette supplémentaire dans un catalogue, Mayday doit convaincre sur trois niveaux. D’abord, le duo doit produire une alchimie assez forte pour porter les scènes entre les séquences d’action. Ensuite, les références à Top Gun doivent servir l’histoire plutôt que remplacer une identité propre. Enfin, la guerre froide doit rester un cadre de fiction lisible sans être réduite à un décor interchangeable.
La présence de Maria Bakalova, David Morse et Marcin Dorociński élargit la distribution, mais les projecteurs restent braqués sur le tandem principal. Le film est écrit et réalisé par Goldstein et Daley, déjà connus pour leur capacité à mélanger aventure, comédie et affection pour les genres populaires. Leur défi consiste à conserver cette légèreté dans un récit où l’échec d’une mission peut déclencher des conséquences considérables.
Un lancement mondial, une bataille qui commence maintenant
Mayday possède tous les ingrédients d’un film immédiatement cliquable : une affiche lisible, deux vedettes, une époque iconique, des avions, de l’action et une amitié improbable. Il possède aussi un risque très moderne : que la familiarité devienne plus forte que la surprise. Les avis contradictoires ne ferment pas le débat ; ils l’ouvrent au moment idéal, celui où le public peut désormais se faire sa propre opinion.
Le signal à observer ne sera donc pas seulement la note des critiques, mais la durée de la conversation. Si Branagh transforme réellement ce divertissement en histoire humaine et si le duo trouve une énergie neuve, Apple pourrait tenir l’un des rendez-vous populaires de sa rentrée. Dans le cas contraire, Mayday rappellera qu’à l’ère des plateformes, même les plus grands noms disposent de très peu de temps pour devenir un événement.
Sources
- Apple TV Press, fiche officielle de Mayday et date de sortie mondiale, consultée le 4 septembre 2026.
- Apple TV France, disponibilité, durée et langues, consulté le 4 septembre 2026.
- Associated Press, critique du film, 2 septembre 2026.
- Los Angeles Times, critique, 3 septembre 2026.
- The Guardian, critique, 2 septembre 2026.

