Ils avaient quitté la scène ensemble dans la colère. Ils reviennent aujourd’hui dans un film qui fait de leur réconciliation l’un des grands spectacles populaires de l’année. Après sa première mondiale à la Mostra de Venise, Oasis: Don’t Look Back in Anger place Liam et Noel Gallagher dans le même cadre, avec leurs chansons, leurs blessures et l’énergie gigantesque du retour d’Oasis. Le documentaire arrive en salles et en IMAX en septembre, au moment où la réunion du groupe dépasse largement la nostalgie des années 1990.
Le film suit la tournée Oasis Live ’25, lancée après quinze années de séparation et accueillie comme un événement mondial. Il donne accès aux répétitions, aux coulisses, à la scène et surtout aux premières interviews communes des deux frères depuis plus de vingt ans. Cette proximité est la véritable promesse du documentaire : montrer ce qui se passe lorsque deux personnalités devenues presque mythologiques acceptent de partager à nouveau un projet, une histoire et le regard du public.
Le retour que des millions de fans n’osaient plus attendre
Oasis s’est séparé en 2009 après une ultime dispute en coulisses à Paris. Pendant des années, les déclarations publiques de Liam et Noel Gallagher ont entretenu l’idée qu’une réunion resterait impossible. Chaque anniversaire, chaque réédition et chaque apparition solo relançait pourtant la même question. Le public voulait savoir si les chansons capables de remplir des stades pouvaient un jour rapprocher ceux qui les avaient créées.
La tournée de 2025 a apporté une réponse spectaculaire. Les demandes de billets, les images de stades pleins et les réactions de plusieurs générations ont transformé les concerts en phénomène culturel. Selon la présentation officielle de la Biennale, le documentaire traverse douze concerts sur trois continents. Cette ampleur géographique permet de mesurer la force d’un catalogue qui ne s’est pas figé avec la séparation du groupe : il a continué à circuler, à être transmis et à gagner de nouveaux auditeurs.
Venise transforme un concert filmé en récit de réconciliation
Présenté hors compétition dans la section Venice Open, le film dure 122 minutes. Il est réalisé par Dylan Southern et Will Lovelace, avec un scénario crédité à Steven Knight. Les réalisateurs ne décrivent pas seulement une production musicale de grande échelle. Ils expliquent avoir voulu raconter le pardon et l’acceptation, à travers deux frères dont la relation a longtemps été observée comme une succession de provocations, de ruptures et de phrases devenues célèbres.
L’Associated Press rapporte que les Gallagher ont apporté une énergie de rock stars sur le Lido lors de la première mondiale. Le documentaire mêle les performances de la tournée et l’exploration d’une relation fraternelle dont la volatilité a contribué à la légende du groupe. Ce double mouvement est essentiel : sans les chansons, la réconciliation resterait une affaire privée; sans la relation entre Liam et Noel, le film risquerait de n’être qu’un montage de concerts.
Des images inédites et une première depuis plus de vingt ans
La fiche officielle de la Biennale annonce des répétitions jamais filmées auparavant et les premières interviews conjointes des frères depuis plus de deux décennies. Cette matière rare répond à la curiosité qui accompagne Oasis depuis sa formation à Manchester en 1991. Le public connaît les hymnes, les unes de tabloïds et les insultes échangées. Il connaît moins le travail silencieux nécessaire pour reconstruire une confiance professionnelle après une rupture aussi longue.
Le documentaire peut ainsi révéler une autre réalité du retour : derrière l’explosion collective de Wonderwall, Live Forever ou Champagne Supernova, il existe des répétitions, des décisions techniques et une négociation permanente entre mémoire et présent. Rejouer un répertoire historique ne consiste pas seulement à retrouver les bons accords. Il faut préserver ce que les fans aiment tout en évitant de transformer le concert en musée.
Pourquoi Oasis parle aussi à une génération née après la Britpop
Le scénariste Steven Knight a expliqué que le film cherchait à comprendre pourquoi cette musique avait résisté au temps, auprès des fans des années 1990 comme d’un public plus jeune. La question dépasse Oasis. À l’époque du streaming, les catalogues ne disparaissent plus lorsque les groupes cessent de publier. Les chansons vivent dans les playlists, les vidéos, les séries, les stades et les transmissions familiales. Une rupture de quinze ans peut même renforcer le désir de voir enfin ce qui semblait inaccessible.
Oasis possède pour cela un avantage particulier : ses refrains ont été construits pour être chantés en groupe. Le succès du retour ne repose donc pas uniquement sur la célébrité de Liam et Noel. Il vient d’une expérience collective que le film tente de capturer. Dans une salle de cinéma, les spectateurs ne regardent pas seulement une tournée; ils retrouvent la sensation d’appartenir à une foule qui connaît les mêmes mots.
Un événement musical pensé pour le grand écran
La sortie en salles et en IMAX affirme une ambition claire. À l’heure où de nombreux documentaires musicaux arrivent directement sur les plateformes, Oasis veut retrouver la puissance du volume, de l’image géante et du rendez-vous collectif. Le site officiel du groupe présente le film comme le récit de son retour et annonce une exploitation cinématographique en septembre. Disney, qui porte le projet, insiste également sur l’accès au backstage, aux répétitions et à la scène.
Ce choix prolonge l’économie des grandes tournées contemporaines. Le concert ne s’arrête plus à la dernière date : il devient film, expérience premium, contenu mondial et nouvelle porte d’entrée vers le catalogue. Pour l’industrie musicale comme pour les exploitants de cinéma, un groupe capable de mobiliser plusieurs générations représente une occasion rare de créer un événement sans dépendre d’une fiction ou d’effets spéciaux.
De Manchester à Paris, une histoire européenne devenue mondiale
L’histoire d’Oasis conserve une forte dimension européenne. Le groupe est né dans le Manchester populaire du début des années 1990, avant de devenir l’un des symboles de la Britpop. Sa séparation s’est jouée à Paris, quelques minutes avant un concert au festival Rock en Seine. Sa réunion filmée est consacrée à Venise, puis célébrée à Londres avant son arrivée dans les cinémas de plusieurs pays.
Pour le public français, cette géographie ajoute une tension particulière. Paris reste associé à la fin brutale de 2009, mais aussi à la preuve que l’histoire n’était pas définitivement close. Le film permet désormais de relire ce traumatisme depuis l’autre côté du récit : non comme la dernière image d’Oasis, mais comme le point de départ d’une attente qui aura duré quinze ans.
Le vrai suspense commence après la réconciliation
Don’t Look Back in Anger promet de montrer une réunion triomphale, mais son titre porte aussi une question. La paix entre Liam et Noel peut-elle survivre au poids des attentes, à la machine économique et à la proximité retrouvée? Le documentaire n’a pas besoin de fabriquer un conflit artificiel. Toute l’histoire du groupe donne déjà à chaque silence et à chaque regard une intensité que peu de films musicaux peuvent obtenir.
C’est précisément pourquoi ce lancement devient un événement mondial. Oasis ne vend pas seulement le souvenir d’un grand groupe. Le film propose une histoire universelle sur le temps, la famille, l’orgueil et la possibilité de recommencer. Après les stades, le monde va regarder les frères Gallagher dans l’espace le plus révélateur qui soit : le même cadre, enfin, sans pouvoir détourner les yeux.
Sources
- Associated Press — première mondiale à Venise et contexte de la réunion d’Oasis, 5 septembre 2026.
- La Biennale di Venezia — fiche officielle, durée, équipe et synopsis, consultée le 8 septembre 2026.
- Oasis — annonce officielle de la sortie en salles et en IMAX, août 2026.
- Sony Music — production et présentation officielle du documentaire, 23 juillet 2026.

