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Musique : le sommet qui réunit Ticketmaster, Amazon et NVIDIA

La musique entre dans une nouvelle bataille : le sommet qui réunit Ticketmaster, Amazon et

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Le futur de la musique ne se joue plus seulement dans les studios ou dans les classements. Il se négocie désormais entre plateformes, propriétaires de catalogues, géants du billet, spécialistes de la donnée et entreprises d’intelligence artificielle. Ce 15 septembre 2026, le Trapital Summit rassemble à Los Angeles plusieurs des dirigeants qui contrôlent ces nouveaux leviers. Ticketmaster, Amazon, NVIDIA, Primary Wave, Chartmetric et MIDiA Research sont au programme d’une journée consacrée à la valeur des chansons, au prix des concerts, à la fidélité des audiences et à la concurrence pour l’attention.

L’événement n’est pas un festival destiné au grand public. C’est précisément ce qui le rend intéressant. Dans une salle de Hollywood, les acteurs qui financent, distribuent, analysent et monétisent la culture vont confronter leurs visions. Leur question commune est simple, mais décisive : après une décennie dominée par l’abonnement au streaming, où se trouve la prochaine grande réserve de croissance ?

Un sommet au cœur d’un marché devenu gigantesque

La musique enregistrée mondiale a franchi un seuil symbolique. Selon l’IFPI, ses revenus ont atteint 31,7 milliards de dollars en 2025, en hausse de 6,4 %, soit une onzième année consécutive de croissance. Le streaming représente près de 70 % du marché et les abonnements payants comptent désormais 837 millions d’utilisateurs. La France conserve la sixième place mondiale, tandis que l’Amérique latine, l’Asie et plusieurs marchés émergents accélèrent fortement.

Ces chiffres racontent une réussite, mais aussi une dépendance. Une grande partie de l’économie repose sur des écoutes facturées chaque mois à des millions d’abonnés. Or la progression du nombre d’utilisateurs ne peut pas rester infinie. Les plateformes cherchent donc à augmenter la valeur par abonné, les labels veulent mieux monétiser leurs catalogues et les artistes tentent de transformer une audience volatile en communauté durable.

Ticketmaster arrive avec la puissance du concert

La présence de Saumil Mehta, président mondial de Ticketmaster, place le billet au centre du sommet. Le programme lui réserve une conversation sur le futur de la billetterie, alors que la demande pour les spectacles atteint des niveaux records. Live Nation a indiqué avoir vendu plus de 143 millions de billets à la mi-juillet 2026, soit plus de 14 millions d’avance sur l’année précédente. Au deuxième trimestre, près de 49 millions de spectateurs ont assisté à ses concerts.

Le live est devenu la preuve la plus tangible de la force d’un artiste. Une écoute peut être passive, déclenchée par une playlist ou un algorithme. Acheter une place, voyager, réserver un hôtel et consacrer une soirée à un concert révèlent un engagement beaucoup plus profond. Cette économie nourrit aussi les villes, les marques, les transports et le tourisme. Elle explique pourquoi la technologie du billet, la lutte contre les robots et la relation directe avec le fan sont devenues des enjeux stratégiques.

Les catalogues valent de l’or, mais leur prix doit être défendu

Larry Mestel, fondateur de Primary Wave, doit ouvrir les discussions avec une question révélatrice : quel est le prix d’une chanson intemporelle ? Son entreprise a bâti son influence en investissant dans des droits liés à des artistes comme Whitney Houston, Prince, James Brown ou The Notorious B.I.G. Les catalogues sont recherchés parce qu’ils peuvent générer des revenus pendant des décennies, circuler dans les films, les séries, les publicités, les jeux et les réseaux sociaux.

Mais la valeur d’un catalogue ne repose plus uniquement sur les royalties historiques. Elle dépend de la capacité à réactiver une œuvre auprès de nouvelles générations, à créer des documentaires, des expériences, des produits physiques ou des licences inédites. L’IFPI note d’ailleurs que le vinyle a encore progressé de 13,7 % en 2025. Dans une économie numérique, l’objet devient un signe d’appartenance et le patrimoine musical se transforme en propriété intellectuelle exploitable sur plusieurs supports.

L’IA promet plus de création, mais ouvre la guerre des droits

Le passage de Richard Kerris, responsable médias et divertissement chez NVIDIA, sera l’un des moments les plus observés. L’intelligence artificielle peut accélérer la production, améliorer la recommandation, restaurer des archives, traduire des voix ou adapter des expériences à chaque public. Elle peut également multiplier les morceaux synthétiques, brouiller l’identité des artistes et déplacer la valeur vers ceux qui possèdent les modèles et l’infrastructure informatique.

Le sujet dépasse donc la fascination technologique. Il concerne le consentement, la traçabilité, les licences et la rémunération. Une industrie qui vient seulement de stabiliser son modèle économique après le piratage ne veut pas voir une nouvelle génération de services s’entraîner gratuitement sur son patrimoine. L’enjeu du sommet sera de comprendre si l’IA devient un outil sous licence au service des créateurs ou un nouveau raccourci capable de contourner leur travail.

La vraie richesse s’appelle désormais le superfan

MIDiA Research décrit une économie musicale de plus en plus diversifiée, où le streaming reste central mais où les revenus liés au fandom prennent davantage de poids. Les produits physiques, les droits étendus, les expériences premium, les communautés et les achats directs permettent de dépasser la valeur uniforme d’une écoute. Tous les fans ne dépensent pas la même chose, et les entreprises veulent mieux identifier ceux qui sont prêts à soutenir durablement un artiste.

C’est aussi le sens des sessions consacrées à la loyauté des audiences et au nouveau son de la musique mondiale. Chartmetric apporte la donnée, Amazon la puissance de distribution et d’attention, Ticketmaster la transaction, tandis que les éditeurs possèdent les droits. La bataille porte sur la connexion entre ces mondes. Celui qui comprend le parcours complet du fan — découverte, écoute, communauté, billet et achat — détient un avantage considérable.

Pourquoi cette réunion dépasse Hollywood

Le marché n’est plus organisé autour d’un seul centre culturel. L’IFPI souligne que toutes les régions ont progressé en 2025 : l’Amérique latine a bondi de 17,1 %, l’Asie de 10,9 % et l’Europe de 5,6 %. Les artistes africains, latino-américains, asiatiques et européens peuvent construire une audience mondiale sans attendre une validation traditionnelle américaine. Mais ils doivent encore négocier avec des infrastructures souvent concentrées entre quelques grandes entreprises.

Le Trapital Summit offre ainsi une photographie du nouveau pouvoir culturel. La chanson reste le point de départ, mais la valeur se déplace vers les données, les droits, les communautés, les événements et les technologies capables de relier ces éléments. Le gagnant de la prochaine décennie ne sera peut-être pas celui qui produit le plus de morceaux. Ce sera celui qui transforme le mieux une émotion musicale en relation durable, transparente et mondiale.

Sources

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