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lundi 21 septembre 2026

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Au Guyana, une communauté pour faire de l’école un lieu sûr

Lancée le 14 septembre, une communauté de pratique réunit responsables scolaires, enseignants, parents et élèves autour de la sécurité et du sentiment d'appartenance.


Santhia Antoine
Santhia Antoine
Rédactrice en chef de B-Empire Magazine, Santhia Antoine
septembre 21, 2026  ·  6 min de lecture
Au Guyana, une communauté pour faire de l'école un lieu sûr
B-EMPIRE Magazine

Une école sûre ne se définit pas uniquement par un règlement affiché au mur. Elle se reconnaît aussi à la possibilité, pour un élève, de parler sans être humilié et de trouver une réponse lorsqu’un problème survient. Au Guyana, le ministère de l’Éducation a choisi ce thème pour lancer le 14 septembre 2026 une nouvelle communauté de pratique en ligne. Dans un compte rendu publié le 18 septembre, l’Institut international de planification de l’éducation de l’UNESCO explique que cet espace relie responsables d’établissements, enseignants, familles et acteurs de l’administration. Plus de 240 personnes ont participé à la rencontre virtuelle inaugurale. Le chiffre décrit une mobilisation initiale, pas encore une amélioration mesurée du climat scolaire.

La sécurité racontée par ceux qui vivent l’école

La réunion, intitulée Leadership that Cares: Safer, More Inclusive Schools in Guyana, a donné la parole à des personnes occupant des places différentes dans le système éducatif. Une responsable régionale a mis l’accent sur les relations et le sentiment d’appartenance. Un enseignant a évoqué l’importance de rester abordable lorsqu’un élève vient parler. Une représentante des parents a rappelé que la confiance suppose une communication claire et rapide entre l’école et les familles. Le président d’un conseil d’élèves a défendu une participation réelle des jeunes aux décisions. Ces points de vue ne sont pas interchangeables : ils décrivent ensemble la sécurité comme une pratique quotidienne, pas seulement comme l’absence d’incident signalé.

Le ministère avait annoncé en amont que la conversation aborderait notamment la prévention du harcèlement et de la violence, la sécurité numérique et le bien-être des élèves. La rencontre n’a pas fait disparaître ces risques. Elle a plutôt cherché à mettre en relation les adultes et les jeunes qui doivent y répondre. L’UNESCO a présenté une approche à l’échelle de toute l’école, touchant le programme d’enseignement, le climat de classe, les procédures de signalement, les politiques internes, les partenariats et les données. Une affiche contre la violence a sa place, mais elle ne remplace ni l’écoute ni des règles d’intervention connues et appliquées.

Une plateforme adossée à une formation plus longue

La nouvelle communauté prolonge la National Education Leadership Academy, ou NELA, lancée par le Guyana pour former ses responsables éducatifs. Sa première cohorte de cent personnes a commencé en décembre 2025 et doit poursuivre jusqu’en juillet 2027, en associant enseignements structurés et projets de leadership appliqués. La plateforme ouverte en septembre veut élargir le cercle au-delà de ce groupe : directions d’école et de district, enseignants, agents du ministère, parents et autres membres de la communauté peuvent échanger des expériences et examiner des données. La formation approfondie et l’échange continu répondent à deux besoins différents ; leur articulation est l’intérêt du modèle.

Le programme est dirigé par le ministère guyanais avec le soutien du Global Partnership for Education et de la Banque interaméricaine de développement. L’Institut de planification de l’UNESCO en est le partenaire technique principal. Dans la présentation du projet de transformation éducative, l’institut insiste sur la capacité des responsables de niveau intermédiaire à relier politique nationale et réalités locales. Une direction de district voit des problèmes que le pouvoir central peut manquer, tandis qu’une école connaît des élèves et des familles que les tableaux de bord résument mal. Une communauté de pratique pourrait faire circuler ces savoirs, à condition que ses membres aient du temps pour participer et que les échanges débouchent sur des décisions.

Écouter les élèves sans leur demander de tout résoudre

La présence d’un représentant des élèves dans la discussion est plus qu’un détail de protocole. Les jeunes peuvent décrire des situations que les adultes ne voient pas toujours : peur de parler, conflits répétés, espaces numériques hostiles ou sentiment d’être exclus des choix qui les concernent. Leur participation ne devrait pourtant pas être réduite à une place symbolique dans une réunion. Il faut rendre compréhensible la manière dont leurs observations sont reçues, protégées et prises en compte. Cela suppose des procédures de confidentialité et des adultes responsables. Demander l’avis d’un élève n’autorise pas à lui transférer la charge de régler seul une situation de violence.

Un exemple de programme présenté pendant la rencontre aurait réduit une forme de violence entre enseignants et élèves dans un autre contexte. Le compte rendu souligne aussitôt qu’aucune solution ne peut être transportée telle quelle d’un pays ou d’une école à l’autre. Cette réserve mérite d’être gardée au centre du récit. Le Guyana n’a pas annoncé un résultat comparable pour sa nouvelle plateforme, et la participation à une réunion ne permet pas de conclure que les incidents vont baisser. Une évaluation sérieuse devrait suivre ce qui change effectivement : confiance pour signaler un problème, qualité des réponses, participation des familles et vécu des élèves, en protégeant les données sensibles.

Du dialogue à l’obligation d’agir

Une communauté de pratique vaut par ce qu’elle permet entre deux réunions. Si les responsables partagent des méthodes, reconnaissent les erreurs et ajustent leurs réponses, l’espace numérique peut soutenir un apprentissage collectif. S’il devient seulement un dépôt de documents ou un calendrier de conférences, son effet sur la vie scolaire restera limité. Le partenariat international fournit des ressources et des comparaisons, mais les priorités et la responsabilité de la réforme demeurent guyanaises. C’est un point explicitement mis en avant par les partenaires lors du lancement : l’appui extérieur accompagne une direction nationale, il ne doit pas s’y substituer.

Pour B-EMPIRE, le fait nouveau est donc moins la création d’une plateforme que le choix de son premier sujet. Le Guyana relie le leadership éducatif à une question très concrète : comment faire en sorte qu’un enfant se sente respecté et puisse apprendre sans crainte ? Le lancement du 14 septembre, plus de 240 participants et l’ouverture d’un espace permanent sont établis par les sources. La preuve d’une école plus sûre reste à construire dans la durée, établissement par établissement. Mesurer cette différence demandera d’écouter celles et ceux que le dispositif dit vouloir protéger, puis d’accepter de modifier les pratiques lorsqu’ils signalent que la promesse n’est pas tenue.

Sources

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