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dimanche 2 août 2026

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Oprah ferme son école en Afrique du Sud : la décision qui bouleverse un rêve de Mandela

Après vingt ans, Oprah Winfrey annonce la fermeture de son académie pour filles en Afrique du Sud. Le campus passera au public et un programme national de bourses doit prendre le relais.


Santhia Antoine
Santhia Antoine
Rédactrice en chef de B-Empire Magazine, Santhia Antoine
août 1, 2026  ·  7 min de lecture
Oprah ferme son école en Afrique du Sud : la décision qui bouleverse un rêve de Mandela
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Une page hautement symbolique va se tourner en Afrique du Sud. Oprah Winfrey a annoncé que son académie pour jeunes filles défavorisées, ouverte en 2007 après des échanges avec Nelson Mandela, fermera à la fin de l’année scolaire 2027. La nouvelle frappe par la puissance des noms et par le poids du lieu : pendant deux décennies, cette école installée près de Johannesburg a incarné la conviction qu’une éducation d’excellence pouvait faire émerger une nouvelle génération de dirigeantes africaines.

Mais cette fermeture n’est pas présentée comme l’abandon d’une mission. Le campus doit être transféré au gouvernement provincial du Gauteng, conformément à l’accord d’origine, tandis que la fondation d’Oprah Winfrey promet d’élargir un programme national de bourses. Le modèle change donc d’échelle : moins concentré sur un établissement spectaculaire, il veut toucher des élèves dans plusieurs grandes écoles du pays. La décision ouvre désormais une question décisive : ce passage du symbole à un réseau de bourses permettra-t-il réellement d’aider davantage de jeunes femmes ?

La fermeture de l’école d’Oprah en Afrique du Sud aura lieu fin 2027

L’Oprah Winfrey Leadership Academy for Girls cessera ses activités à la fin de l’année scolaire 2027, selon l’annonce relayée par Associated Press le 31 juillet 2026. L’établissement avait ouvert ses portes en 2007 à Henley on Klip, dans la province du Gauteng, au sud de Johannesburg. Il accueillait en internat des adolescentes brillantes issues de milieux modestes et leur proposait une formation tournée vers les études supérieures, le leadership et l’engagement collectif.

La fondation de l’animatrice américaine finançait et administrait l’école. Toutefois, le transfert final du site aux autorités provinciales faisait partie du projet dès sa conception. Ce détail est essentiel : l’annonce ne correspond pas à une vente improvisée ni à une disparition physique du campus. Elle marque la fin de l’académie sous sa forme actuelle et le début d’une responsabilité publique dont les contours restent à préciser.

Le gouvernement du Gauteng héritera d’un domaine de 52 acres, soit environ 21 hectares. Il comprend 21 salles de classe, six laboratoires scientifiques et informatiques, une bibliothèque de 10 000 ouvrages et un théâtre de 600 places. Les autorités n’ont pas encore détaillé l’usage futur de cet ensemble exceptionnel. Lebogang Maile, responsable provincial de l’éducation, a néanmoins assuré que les élèves actuellement inscrites pourront terminer leur scolarité avec un soutien financier ininterrompu.

Un rêve né d’une conversation avec Nelson Mandela

L’histoire de l’académie est indissociable de Nelson Mandela. Oprah Winfrey a expliqué avoir été inspirée par leurs conversations sur le pouvoir transformateur de l’éducation des filles. L’ancien président sud-africain, figure mondiale de la lutte contre l’apartheid, avait assisté à l’inauguration de l’école. Cette présence avait immédiatement donné au projet une dimension politique et historique dépassant la philanthropie d’une célébrité.

Depuis l’ouverture, plus de 500 jeunes femmes ont obtenu leur diplôme, selon l’Oprah Winfrey Charitable Foundation. Plusieurs ont ensuite rejoint des universités majeures en Afrique du Sud, aux États-Unis et en Europe. Le bilan ne se mesure donc pas seulement au nombre d’élèves : l’établissement voulait créer un effet multiplicateur, chaque diplômée étant appelée à devenir une professionnelle, une chercheuse, une entrepreneuse ou une responsable capable d’agir dans sa communauté.

Dans sa déclaration, Winfrey insiste sur cette continuité. Son objectif, affirme-t-elle en substance, n’était pas simplement de construire une école, mais d’investir dans le potentiel sans limite des jeunes femmes. Cette formulation transforme la fermeture en passage de relais. Elle protège aussi l’idée centrale du projet : le campus n’était qu’un outil, et non la finalité.

Des bourses nationales pour toucher davantage de jeunes filles

La prochaine étape reposera sur un programme national de bourses renforcé. La fondation prévoit de soutenir des élèves sud-africaines à fort potentiel académique dans des établissements réputés à travers le pays. Sur le papier, ce modèle peut élargir la portée géographique du projet, éviter de concentrer les dépenses sur un seul campus et créer des parcours plus diversifiés.

Il comporte aussi des défis. Une école dédiée offre un environnement cohérent, un internat, des enseignantes et enseignants habitués à la mission, ainsi qu’un réseau d’anciennes élèves immédiatement identifiable. Des boursières dispersées dans plusieurs établissements pourraient bénéficier de davantage d’opportunités, mais aussi perdre une partie de cette communauté. Le succès dépendra donc de l’accompagnement, du mentorat, de la protection des élèves et de la continuité du réseau, pas seulement du paiement des frais scolaires.

La fondation dispose déjà de l’Oprah Winfrey Leaders Scholarship, qui soutient des élèves douées sur le plan académique et engagées dans leurs communautés. L’élargissement annoncé s’inscrit ainsi dans une structure existante. Les prochaines informations devront préciser le nombre de bénéficiaires, les critères de sélection, les écoles partenaires et la durée des financements.

Pourquoi cette décision dépasse la trajectoire d’une célébrité

L’annonce intervient dans un pays où l’accès à l’école est très large, mais où la qualité des apprentissages reste profondément inégale. En 2025, la Banque mondiale estimait qu’une transformation de l’éducation de base pouvait devenir un moteur de croissance inclusive en Afrique du Sud. Elle appelait notamment à agir tôt sur les apprentissages, à améliorer la qualité de l’enseignement et à réduire les écarts qui prolongent les inégalités économiques.

Le campus transmis au Gauteng représente donc un actif public considérable. Dans une province confrontée à la surpopulation de nombreuses écoles et à des retards d’infrastructures, son avenir sera observé de près. S’il conserve une vocation éducative ambitieuse et accessible, le passage au public pourrait prolonger concrètement l’héritage d’Oprah et de Mandela. Si le site est sous-utilisé ou mal administré, la fermeture apparaîtra au contraire comme la perte d’une institution rare.

Un bilan qui doit aussi regarder les zones d’ombre

L’histoire de l’académie n’a pas été sans crise. Peu après son ouverture, plusieurs élèves avaient accusé une surveillante d’internat de violences physiques et sexuelles. Oprah Winfrey s’était rendue en Afrique du Sud, avait présenté des excuses publiques aux familles et commandé une enquête indépendante. La surveillante avait ensuite été acquittée des charges pénales en 2010.

Rappeler cet épisode ne diminue ni les réussites des diplômées ni la portée du projet. Cela souligne une vérité fondamentale : même une institution richement dotée, très médiatisée et portée par une personnalité puissante doit mettre la sécurité, la gouvernance et la responsabilité au cœur de son action. Le futur programme de bourses devra conserver cette exigence, notamment lorsque les bénéficiaires seront réparties dans différents établissements.

Le signal envoyé au monde de la philanthropie

La fermeture pose enfin une question mondiale : les grandes fortunes et les célébrités doivent-elles bâtir des institutions emblématiques ou financer des systèmes capables d’atteindre davantage de personnes ? Le campus d’Oprah a offert une visibilité extraordinaire à l’éducation des filles. Un réseau de bourses pourrait être plus flexible et toucher un territoire plus vaste, mais il sera moins spectaculaire et plus difficile à raconter.

En France comme ailleurs en Europe, où fondations d’entreprise, mécènes culturels et fonds éducatifs cherchent eux aussi à mesurer leur impact, cette transition mérite l’attention. Elle rappelle qu’un projet philanthropique responsable doit préparer sa transmission dès le départ, publier des résultats et garantir que les bénéficiaires ne deviennent pas dépendants d’une personnalité ou d’un cycle médiatique.

La fin d’un campus, pas encore celle d’une promesse

La décision d’Oprah Winfrey bouleverse parce qu’elle touche à un rêve construit avec l’ombre bienveillante de Nelson Mandela. Pourtant, le verdict sur cette histoire ne sera pas rendu en 2027, lorsque l’académie fermera ses portes. Il dépendra de ce que deviendra le campus, de la solidité des bourses nationales et des trajectoires des jeunes femmes accompagnées dans les années suivantes.

Après vingt ans et plus de 500 diplômées, l’école a déjà produit un héritage humain. Le nouveau défi est de transformer cet héritage en système durable. Si le relais public et le programme de bourses tiennent leurs promesses, la fermeture ne sera pas un effacement, mais une expansion. Le monde regarde désormais si une institution née d’une rencontre entre une star mondiale et un héros de l’histoire peut survivre à sa propre forme.

Sources

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