Aller au contenu
samedi 7 novembre 2026

Culture without borders. / La culture sans frontières.

Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou, décrit son travail en Russie comme un plongeon en eaux profondes

Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou depuis plus de 30 ans, partage son expérience du journalisme en Russie. Il compare son travail à un plongeon en eaux profondes, soulignant les difficultés croissantes dans un environnement de plus en plus hostile aux médias. Malgré cela, il choisit de rester sur place.


Thomas Rivière
Thomas Rivière
Thomas Rivière suit l’actualité internationale et la géopolitique
octobre 18, 2026  ·  4 min de lecture
B-Empire Magazine
Brève

Steve Rosenberg, correspondant de la BBC à Moscou depuis plus de trois décennies, a récemment partagé son expérience professionnelle en Russie lors d’un entretien accordé à L’atelier des médias de RFI. En visite en France pour recevoir le prestigieux prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, il a décrit son travail dans ce pays comme un véritable « plongeon en eaux profondes », soulignant les défis et les risques grandissants auxquels il est confronté dans un contexte médiatique de plus en plus hostile.

Un journalisme sous haute tension

Depuis plus de 30 ans, Steve Rosenberg couvre l’actualité russe pour la BBC, accumulant une connaissance approfondie du pays et de ses dynamiques politiques, sociales et culturelles. Cependant, son rôle de correspondant étranger s’est considérablement complexifié au fil des années. La métaphore du « plongeon en eaux profondes » qu’il emploie illustre bien cette réalité : plonger dans un environnement où les conditions deviennent de plus en plus difficiles, où la pression sur les médias indépendants s’intensifie, et où les risques personnels augmentent.

En effet, la Russie est souvent décrite comme un pays où la liberté de la presse est restreinte, avec des lois et des pratiques qui limitent la couverture médiatique indépendante et étrangère. Les journalistes étrangers doivent naviguer dans un cadre réglementaire strict, faire face à la surveillance, voire à des intimidations, ce qui rend leur mission particulièrement périlleuse. Ces contraintes, combinées à un climat politique tendu, compliquent la collecte d’informations fiables et la diffusion d’une information équilibrée.

Un engagement à toute épreuve

Malgré ces difficultés, Steve Rosenberg explique qu’il choisit de rester en Russie. Cet engagement témoigne de sa volonté de fournir une couverture directe et authentique des événements dans ce pays, plutôt que de se reposer sur des sources secondaires ou des reportages à distance. Son travail sur le terrain permet de mieux comprendre les réalités complexes de la Russie contemporaine, en donnant la parole aux acteurs locaux et en observant les évolutions politiques et sociales de près.

Ce choix professionnel est d’autant plus significatif dans un contexte où de nombreux journalistes étrangers ont réduit leur présence ou quitté le pays en raison des pressions exercées. Rester à Moscou, c’est aussi affirmer l’importance d’un journalisme indépendant et rigoureux, capable de résister aux tentatives de contrôle de l’information et de contribuer à une meilleure compréhension internationale de la Russie.

Le prix Bayeux Calvados-Normandie : une reconnaissance du courage journalistique

La remise du prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre à Steve Rosenberg souligne l’importance de son travail dans un contexte particulièrement difficile. Ce prix, qui récompense chaque année des journalistes couvrant des zones de conflit ou des situations à haut risque, met en lumière le courage et la détermination nécessaires pour informer le public malgré les obstacles.

En recevant cette distinction en France, Steve Rosenberg bénéficie d’une reconnaissance internationale pour son engagement et sa persévérance. Cela rappelle également le rôle crucial des correspondants de guerre et des journalistes travaillant dans des environnements hostiles, qui sont souvent les seuls témoins directs des événements majeurs affectant la sécurité et la stabilité mondiales.

Conclusion

Le témoignage de Steve Rosenberg met en lumière les défis croissants auxquels sont confrontés les journalistes étrangers en Russie, un pays où la liberté de la presse est de plus en plus restreinte. Sa métaphore du « plongeon en eaux profondes » illustre bien la complexité et la dangerosité de son travail quotidien. Pourtant, son choix de rester sur place démontre un engagement fort envers un journalisme de terrain, essentiel pour une information de qualité et une meilleure compréhension des réalités russes. La reconnaissance par le prix Bayeux Calvados-Normandie vient saluer ce courage et cette détermination dans un contexte international souvent hostile.

Vous êtes hors ligne. Voici les derniers articles disponibles.