Alors que l’Afghanistan fait face à une crise économique profonde, l’Union européenne adopte une approche pragmatique en multipliant discrètement les négociations avec les autorités talibanes, malgré l’absence de reconnaissance officielle de leur régime.
Selon une enquête du New York Times relayée par France 24, les gouvernements européens discutent avec les talibans de questions sensibles telles que les déportations de migrants afghans, la représentation diplomatique et l’assistance économique. Elian Peltier, chef du bureau Pakistan et Afghanistan pour le New York Times, souligne que « même si sur le papier les gouvernements européens ne reconnaissent pas l’administration talibane, en pratique ils se rencontrent beaucoup plus fréquemment que ce que la plupart d’entre nous savent ».
Cette situation met en lumière une contradiction fondamentale entre le refus diplomatique officiel de reconnaître les talibans et la nécessité politique de dialoguer pour gérer les flux migratoires et la stabilité régionale.
Les retours forcés de migrants afghans depuis l’Europe se heurtent à une réalité économique désastreuse dans leur pays d’origine, où ils trouvent « très peu » à quoi retourner, selon les témoignages recueillis. Cette crise humanitaire accentue la complexité des relations entre l’UE et le régime taliban, qui demeure isolé sur le plan international.
