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samedi 25 juillet 2026

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Le monde revient à Damas : la visite historique qui peut changer le destin de la Syrie

Pour la première fois depuis 2009, un secrétaire général de l’ONU est à Damas. António Guterres appelle le monde à soutenir la reconstruction syrienne, tout en exigeant souveraineté, inclusion et protection des civils.


Amara Diallo
Amara Diallo
Journaliste à B-Empire Magazine, elle couvre le sport
juillet 25, 2026  ·  6 min de lecture
Le monde revient à Damas : la visite historique qui peut changer le destin de la Syrie
B-EMPIRE Magazine

Après dix-sept ans d’absence au plus haut niveau, le monde revient à Damas. António Guterres est arrivé samedi 25 juillet 2026 en Syrie pour la première visite d’un secrétaire général des Nations unies dans la capitale depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Le symbole est immense : ce déplacement intervient après plus de quinze années de guerre, des centaines de milliers de morts, des millions de déplacés et près de deux ans après la chute de Bachar Al-Assad.

Reçu par le président syrien Ahmad al-Charaa, le chef de l’ONU a appelé la communauté internationale à soutenir le peuple syrien à un moment qu’il présente comme décisif. Il a également insisté sur la souveraineté du pays, la protection des civils et la nécessité d’une transition inclusive. Cette visite n’efface pas les fractures de la Syrie, mais elle confirme que le pays n’est plus traité comme un territoire diplomatiquement gelé.

Une image que la Syrie attendait depuis 2009

La dernière visite d’un secrétaire général de l’ONU à Damas remontait à une autre époque. En 2009, Ban Ki-moon avait rencontré Bachar Al-Assad, deux ans avant le soulèvement de 2011 et l’engrenage qui allait transformer le pays en champ de bataille régional et international. Depuis, la Syrie est devenue le symbole d’une génération sacrifiée par la guerre, l’exil, les sanctions, les interventions étrangères et l’effondrement économique.

La présence de Guterres dans la mosquée des Omeyyades et dans la vieille ville de Damas produit donc une image politique puissante. Elle montre une capitale qui cherche à retrouver une place institutionnelle dans le monde. Elle offre aussi à Ahmad al-Charaa une reconnaissance dont son gouvernement a besoin pour convaincre les partenaires étrangers que la nouvelle Syrie peut devenir un interlocuteur stable.

Mais une photographie historique ne constitue pas encore un retour à la normale. Le déplacement du secrétaire général doit être lu comme une ouverture sous conditions. L’ONU attend des autorités syriennes qu’elles garantissent les droits de toutes les communautés, qu’elles renforcent l’État de droit et qu’elles empêchent les violences politiques ou confessionnelles de refermer la fenêtre diplomatique.

Guterres demande au monde de ne pas abandonner les Syriens

Le message central de la visite est adressé autant aux capitales étrangères qu’aux dirigeants syriens. Après des années de crise, la reconstruction dépasse largement les capacités financières de Damas. Les besoins concernent les logements, les hôpitaux, les écoles, l’eau, l’électricité, les routes et l’emploi. Sans soutien extérieur, le retour de millions de réfugiés et de déplacés restera extrêmement difficile.

Guterres demande donc à la communauté internationale de transformer les déclarations de soutien en moyens concrets. L’enjeu n’est pas seulement humanitaire. Une Syrie sans perspectives économiques pourrait rester un foyer d’instabilité, alimenter de nouvelles migrations et offrir un terrain aux groupes armés. À l’inverse, une reconstruction encadrée peut créer un intérêt partagé entre l’Europe, les pays arabes, la Turquie et les institutions multilatérales.

Cette équation impose toutefois une question sensible : comment financer la reconstruction sans donner un chèque en blanc au pouvoir ? Les gouvernements occidentaux et les bailleurs voudront des garanties sur la transparence, l’utilisation des fonds, la sécurité des populations et la représentation des minorités. La visite de Guterres peut aider à bâtir ce pont, mais l’ONU ne peut pas remplacer les décisions politiques des États.

La souveraineté syrienne au cœur du bras de fer régional

Le chef de l’ONU a aussi dénoncé les actions israéliennes dans le sud syrien et rappelé l’importance de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays. Ce point donne à la visite une portée qui dépasse la reconstruction. La Syrie reste au croisement de rivalités militaires, diplomatiques et énergétiques qui impliquent ses voisins et plusieurs grandes puissances.

Les tensions dans le sud, la situation des régions kurdes du nord-est, le risque de résurgence de groupes djihadistes et la présence d’intérêts étrangers rendent toute stabilisation fragile. Damas veut reprendre le contrôle de son territoire. Les partenaires internationaux veulent éviter qu’une centralisation brutale ne provoque de nouvelles confrontations. L’équilibre sera difficile à trouver.

En choisissant de parler à la fois de soutien international et de souveraineté, Guterres tente de maintenir deux exigences ensemble : aider la Syrie à se reconstruire, sans fermer les yeux sur les droits humains et la sécurité régionale. C’est précisément ce double langage qui donne du poids à sa présence. Il ne s’agit ni d’une célébration sans réserve ni d’un simple déplacement humanitaire.

Ahmad al-Charaa joue une partie décisive

Pour le président Ahmad al-Charaa, cette visite représente une victoire diplomatique, mais aussi un test. Son pouvoir cherche à convaincre qu’il peut gouverner un pays pluriel, désarmer les factions, rétablir les services publics et renouer avec l’économie mondiale. Chaque avancée internationale renforce sa légitimité. Chaque violence locale ou dérive autoritaire peut au contraire ralentir la normalisation.

La rencontre avec Guterres place donc les promesses syriennes sous une lumière mondiale. Les décisions qui suivront compteront davantage que le protocole : accès des organisations humanitaires, protection des minorités, justice pour les crimes commis, retour volontaire et sûr des réfugiés, dialogue avec les régions encore contestées et lutte contre la corruption.

Le gouvernement syrien doit également répondre aux attentes d’une population épuisée. Beaucoup de Syriens ne jugeront pas ce tournant au nombre de délégations reçues, mais à la disponibilité de l’électricité, au prix du pain, à la réouverture des écoles et à la possibilité de vivre sans peur. La diplomatie ne deviendra crédible que si elle produit des effets visibles dans la vie quotidienne.

Pourquoi cette visite peut changer la trajectoire du pays

La visite de Guterres peut ouvrir trois portes. La première est humanitaire : elle remet les besoins syriens au premier plan alors que l’attention mondiale est dispersée entre plusieurs crises. La deuxième est économique : elle peut accélérer les discussions sur l’aide, les sanctions et les mécanismes de reconstruction. La troisième est politique : elle inscrit la nouvelle direction syrienne dans un dialogue international plus structuré.

Aucune de ces portes ne garantit le succès. Les traumatismes sont profonds, les infrastructures détruites et la confiance presque inexistante. Pourtant, le retour d’un secrétaire général de l’ONU à Damas constitue un repère historique. Pour la première fois depuis le début de la guerre, la question centrale n’est plus seulement de savoir comment contenir la catastrophe syrienne, mais comment construire l’après.

Le monde regarde désormais ce que Damas fera de cette ouverture. Si les autorités répondent par l’inclusion, la sécurité et des réformes crédibles, le 25 juillet 2026 pourra rester comme la date d’un véritable retour. Si les anciennes pratiques reprennent, l’image historique ne sera qu’une parenthèse. La visite de Guterres ne change pas à elle seule le destin de la Syrie, mais elle lui offre une chance que personne ne peut ignorer.

Sources fiables

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