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jeudi 6 août 2026

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New York Film Festival 2026 : Pedro Pascal, Ava DuVernay et Godzilla créent l’événement

Le New York Film Festival 2026 vient de dévoiler une sélection principale où se croisent Pedro Pascal, Ava DuVernay, Adam Driver, Godzilla et les grands auteurs de Cannes. Derrière les stars, cette programmation dessine déjà la prochaine bataille mondiale du cinéma et de la saison des prix.


Santhia Antoine
Santhia Antoine
Rédactrice en chef de B-Empire Magazine, Santhia Antoine
août 6, 2026  ·  6 min de lecture
New York Film Festival 2026 : Pedro Pascal, Ava DuVernay et Godzilla créent l’événement
B-EMPIRE Magazine

New York vient de lancer un signal que toute l’industrie du cinéma va observer. Le 64e New York Film Festival a dévoilé mercredi sa sélection principale : 32 films, une concentration spectaculaire de stars et des cinéastes venus de plusieurs continents. Pedro Pascal en violoncelliste, Ava DuVernay face à une bataille constitutionnelle, Adam Driver dans un thriller familial et même Godzilla restauré sur grand écran : du 25 septembre au 12 octobre 2026, Lincoln Center veut transformer Manhattan en capitale mondiale du cinéma d’auteur.

L’annonce dépasse la simple publication d’un programme. Placé après Cannes, Venise et Toronto, le festival new-yorkais agit comme un accélérateur de prestige à l’entrée de la saison des prix. Sa sélection peut donner une seconde vie américaine à des œuvres déjà remarquées ailleurs, tout en imposant quelques premières mondiales dans la conversation internationale.

Pedro Pascal change de registre avec Behemoth!

Le rendez-vous le plus attendu sera la première mondiale de Behemoth!, choisie comme pièce centrale du festival le 2 octobre. Tony Gilroy, créateur d’Andor et réalisateur de Michael Clayton, confie à Pedro Pascal le rôle d’Alex, ancien enfant prodige et violoncelliste qui quitte un orchestre de Chicago pour revenir à Los Angeles. Il tente d’y reconstruire une vie brisée, d’enregistrer des musiques de film et de régler des comptes familiaux restés ouverts.

Le choix est stratégique. Pascal est l’un des visages les plus identifiables de l’entertainment mondial, mais le film promet une performance dramatique très éloignée de ses héros de franchises. Olivia Wilde, Eva Victor, Hank Azaria et Will Arnett complètent la distribution. Film at Lincoln Center présente le long-métrage comme un récit sur la musique, la stabilité et la rédemption, porté par neuf musiciens majeurs sur sa bande originale.

Ava DuVernay referme la boucle de 13th

La soirée de clôture, le 9 octobre, appartiendra à Ava DuVernay avec la première mondiale de 14th. Le documentaire se penche sur le quatorzième amendement de la Constitution américaine, qui garantit notamment la citoyenneté aux personnes nées aux États-Unis et se retrouve au centre d’une nouvelle bataille politique.

Le titre répond directement à 13th, documentaire de DuVernay consacré au treizième amendement et au système carcéral américain, qui avait ouvert le même festival en 2016 avant d’être nommé aux Oscars. Dix ans plus tard, la réalisatrice revient donc au même lieu avec une nouvelle question civique. Dans une programmation riche en stars, ce choix rappelle que New York veut aussi faire du cinéma un espace de débat démocratique.

Adam Driver ouvre une histoire profondément new-yorkaise

Le festival s’ouvrira le 25 septembre avec la première nord-américaine de Paper Tiger de James Gray. Adam Driver, Miles Teller et Scarlett Johansson portent ce thriller situé dans le Queens et Brooklyn en 1986. Un ingénieur attiré dans une opération illégale par son frère, ancien policier, voit sa famille menacée par un réseau criminel lié au pétrole et au canal Gowanus.

Le film arrive de Cannes, où il était présenté en compétition. Cette circulation entre la Côte d’Azur et Manhattan illustre le fonctionnement actuel du prestige mondial : Cannes crée l’événement critique, puis New York rapproche les œuvres du public américain et de l’écosystème des récompenses. Pour James Gray, cinéaste né à New York, l’ouverture possède aussi une forte dimension personnelle.

Godzilla, Almodóvar et Hamaguchi : une sélection sans frontières

La sélection principale ne se limite pas à Hollywood. Pedro Almodóvar y figure avec Bitter Christmas, le Japonais Ryūsuke Hamaguchi avec All of a Sudden, le Sud-Coréen Lee Chang-dong avec Possible Love, le Roumain Radu Jude avec The Diary of a Chambermaid, le Britannique Mike Leigh avec Tender Loving Care et le Polonais Paweł Pawlikowski avec Fatherland.

Le programme réserve aussi une place étonnante à Godzilla, classique japonais de 1954 signé Ishirō Honda. La présence du monstre rappelle qu’un grand festival ne vit pas uniquement de nouveautés : les restaurations et la transmission du patrimoine peuvent dialoguer avec les films les plus attendus. Chris Rock, le documentariste William Greaves et la cinéaste russo-américaine Julia Loktev complètent ce paysage particulièrement large.

Le point France : Cannes reste la rampe de lancement

La France traverse cette sélection de plusieurs façons. Paper Tiger, Bitter Christmas, Fatherland et All of a Sudden figuraient dans la compétition cannoise 2026. Le film de Hamaguchi constitue même son premier long-métrage tourné en français. Le New York Film Festival récupère ainsi une partie de l’énergie artistique révélée sur la Croisette et la propulse vers le marché nord-américain.

Ce passage est essentiel pour les producteurs et distributeurs européens. Une sélection new-yorkaise offre des critiques américaines, des rencontres professionnelles et une visibilité auprès des votants des prix. Elle peut préparer une sortie en salle, soutenir une campagne internationale ou confirmer qu’un film exigeant possède un potentiel au-delà de son pays d’origine.

Pourquoi cette annonce peut lancer la prochaine course aux Oscars

Le festival ne distribue pas de palmarès compétitif comparable à Cannes. Son influence fonctionne autrement : il sélectionne, contextualise et concentre l’attention. En réunissant premières mondiales, films déjà consacrés et restaurations, il fabrique une conversation où le cinéma commercial et le cinéma d’auteur cessent momentanément de s’opposer.

Le pari de 2026 est clair. Les noms de Pedro Pascal, Adam Driver ou Scarlett Johansson attirent un public large ; ceux de DuVernay, Hamaguchi, Almodóvar, Lee Chang-dong ou Pawlikowski garantissent une ambition artistique internationale. Cette alliance peut produire l’un des premiers grands récits de la saison des Oscars 2027, même si aucune nomination n’est acquise à ce stade.

Une bataille culturelle bien plus grande qu’un tapis rouge

Dans un marché dominé par les plateformes, les franchises et la compétition pour l’attention, le New York Film Festival défend une idée simple : une sélection éditoriale peut encore créer un événement mondial. Le vrai suspense ne concerne donc pas seulement les robes, les ovations ou les futurs trophées. Il porte sur les films capables de survivre au bruit numérique et de devenir des œuvres discutées d’un continent à l’autre.

New York a désormais posé ses cartes. Pedro Pascal peut y révéler une facette inattendue, Ava DuVernay transformer le droit constitutionnel en urgence cinématographique et Godzilla rappeler que les icônes ne meurent jamais vraiment. Entre héritage, politique et star-system, cette 64e édition possède déjà la promesse d’un festival qui ne se contente pas de regarder le cinéma mondial : il veut décider de ce que le monde regardera ensuite.

Sources

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