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lundi 21 septembre 2026

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À Saint-Sébastien, 150 jeunes jugent la relève du cinéma

Le prix DAMA de la jeunesse confie à 150 personnes de 18 à 25 ans le vote sur 21 films des sections New Directors et Horizontes Latinos.


Santhia Antoine
Santhia Antoine
Rédactrice en chef de B-Empire Magazine, Santhia Antoine
septembre 21, 2026  ·  6 min de lecture
À Saint-Sébastien, 150 jeunes jugent la relève du cinéma
B-EMPIRE Magazine

Les festivals confient d’ordinaire leurs prix aux professionnels reconnus ; à Saint-Sébastien, un jury de 150 jeunes dispose aussi de sa propre voix. Dans la 74e édition, ouverte le 18 septembre 2026, les membres âgés de 18 à 25 ans notent les films candidats au prix DAMA de la jeunesse après chaque projection. Vingt et un longs métrages sont en lice. Ils viennent de New Directors et, pour les premières ou deuxièmes oeuvres, d’Horizontes Latinos. Le festival a détaillé ce dispositif le 17 septembre, avant le lancement des séances. Le prix sera remis le 26 septembre : il n’y a donc pas encore de vainqueur à célébrer. L’actualité est l’organisation d’un espace critique pour une génération de spectateurs, face à une génération de cinéastes en devenir.

Un vote après chaque film

Le fonctionnement annoncé est simple : les 150 jurés attribuent une note après la projection de chaque oeuvre. Les évaluations et le classement des favoris sont actualisés quotidiennement dans les médias officiels du festival. Ce rythme donne au public une fenêtre sur la réception des films pendant l’événement, sans transformer le tableau provisoire en palmarès définitif. Un film vu tôt peut occuper l’attention plus longtemps ; un autre peut déplacer la conversation à la dernière minute. Le verdict ne sera connu qu’à l’issue du processus. La cérémonie du 26 septembre doit associer un représentant de DAMA, une personnalité du cinéma et deux membres du jury de la jeunesse.

Il ne faut pas confondre ce prix avec l’ensemble des distinctions du festival. Le prix Donostia rend hommage à une carrière ; les récompenses des sections et de la compétition officielle ont leurs propres règles. Ici, les électeurs ne se substituent pas aux jurys professionnels. Leur rôle est de montrer comment un public jeune lit des films souvent encore au début de leur parcours international. Le jugement peut porter sur une forme audacieuse, un récit proche de leurs préoccupations ou une découverte imprévue. Le festival n’a pas publié de doctrine esthétique unique que les 150 personnes seraient censées suivre, et c’est précisément ce pluralisme qui rend le classement intéressant.

La relève devant et derrière l’écran

Les 21 candidats réunissent tous les films de New Directors et les premiers ou deuxièmes longs métrages présentés dans Horizontes Latinos. Les deux sections n’ont pas la même logique. New Directors met l’accent sur les débuts de cinéastes, tandis qu’Horizontes Latinos ouvre une fenêtre sur des films liés à l’Amérique latine. Leur intersection au sein du prix DAMA ne gomme ni les histoires de production ni les langues de ces oeuvres. Elle propose plutôt aux jurés de comparer des propositions issues de circuits et de traditions variés. Le prix n’est pas une compétition entre continents, mais une manière d’accroître la visibilité de films qui cherchent encore leurs publics.

La sélection Horizontes Latinos illustre cette circulation. Sa page officielle présente par exemple Siempre soy tu animal materno / Forever Your Maternal Animal, de Valentina Maurel, comme film d’ouverture de la section. Cette indication situe la richesse du programme ; elle ne suffit pas à établir que ce film précis figure parmi les 21 candidats au prix de la jeunesse, dont les conditions particulières portent sur les premiers et deuxièmes longs métrages. Cette prudence évite de faire passer l’affiche d’une section pour la liste des finalistes d’une récompense. Les spectateurs intéressés doivent consulter le programme et le classement officiel, actualisé pendant le festival.

Pourquoi DAMA soutient ce prix

DAMA est une organisation espagnole de gestion collective des droits des créateurs audiovisuels, notamment réalisateurs et scénaristes. Elle parraine le prix de la jeunesse pour la troisième année consécutive. Selon le festival, sa présidente Virginia Yagüe voit dans l’initiative une façon d’encourager l’amour du cinéma et de possibles vocations parmi les jurés. Ce lien entre regard de spectateur et futur métier n’est pas automatique : tous les jeunes qui votent ne deviendront pas auteurs. Mais les inviter à argumenter leurs préférences, à voir plusieurs formes de cinéma et à confronter leurs impressions peut nourrir une culture cinématographique plus active.

Un organisme de droits d’auteur a aussi intérêt à ce que les nouvelles générations connaissent les personnes qui écrivent et réalisent les oeuvres, pas seulement les interprètes qui les portent à l’écran. La présence de DAMA permet de rappeler que les films vivent dans un écosystème de création, de rémunération et de diffusion. Elle ne doit pas faire oublier l’indépendance du choix des jurés. La valeur du prix repose sur la sincérité de leurs votes, et non sur l’utilité promotionnelle d’une histoire de « jeunes qui aiment le cinéma ». Le festival n’a pas fourni de données sur l’effet du prix sur les carrières des cinéastes sélectionnés cette année ; toute affirmation en ce sens serait prématurée.

Un autre récit du festival

Les soirées d’ouverture, les vedettes et les hommages captent une part légitime de l’attention. Pourtant, l’identité d’un festival se construit aussi dans ses séances moins visibles, lorsque des films sans réputation installée rencontrent un public disposé à les découvrir. Un jury de jeunesse ne garantit ni l’audace ni la justice de chaque vote. Il crée néanmoins une occasion de suivre ce que 150 spectateurs de la même tranche d’âge, mais aux goûts nécessairement différents, choisissent de mettre en avant. Le classement quotidien peut susciter une conversation ; il ne devrait pas enfermer les oeuvres dans une course aux notes où l’on oublierait leur singularité.

Pour B-EMPIRE, l’enjeu de cette édition est clair : observer comment un grand festival partage le pouvoir de consacrer avec ceux qui feront le public et peut-être le cinéma de demain. Les faits confirmés sont le nombre de jurés, leur âge, les 21 films éligibles, le système de notation et la date de remise du prix. Les résultats, eux, restent ouverts jusqu’au 26 septembre. En attendant, le prix DAMA invite à regarder les premières oeuvres pour ce qu’elles tentent aujourd’hui, et pas seulement comme les étapes prévisibles de carrières qui n’existent pas encore.

Sources

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