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dimanche 20 septembre 2026

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Jamaïque : la jeunesse aide les écoles à se relever après Melissa

Dans la paroisse de St. Elizabeth, un projet porté par des jeunes et soutenu par l'UNESCO a associé préparation aux examens et ressources scolaires après l'ouragan Melissa.


Santhia Antoine
Santhia Antoine
Rédactrice en chef de B-Empire Magazine, Santhia Antoine
septembre 20, 2026  ·  6 min de lecture
Jamaïque : la jeunesse aide les écoles à se relever après Melissa
B-EMPIRE Magazine

La reprise des cours ne se résume pas à rouvrir une salle de classe. Il faut aussi retrouver des livres, du matériel et assez de continuité pour que les élèves puissent préparer leurs examens. Le 15 septembre 2026, le bureau de l’UNESCO pour la Caraïbe et le Jamaica Youth Advocacy Network se sont rendus dans quatre établissements de la paroisse de St. Elizabeth, au sud-ouest de la Jamaïque. Ils y ont remis des manuels, des livres d’histoires et des fournitures. Dans son compte rendu publié le 18 septembre, l’UNESCO présente cette visite comme la clôture de #ExamReady, un projet de relèvement après l’ouragan Melissa conduit par des jeunes et appuyé par l’organisation.

Quatre écoles, des besoins différents

La délégation a visité St. Elizabeth Technical High School, Maggotty High School, Siloah Primary School et Mayfield Primary & Infant School. Le choix de deux établissements secondaires et de deux écoles accueillant des enfants plus jeunes montre que la reprise scolaire n’est pas un problème uniforme. La préparation d’un examen national, la lecture élémentaire et l’accès quotidien à des fournitures relèvent de rythmes distincts. L’UNESCO ne publie pas dans ce communiqué un inventaire chiffré des besoins de chacune de ces écoles ; il serait donc trompeur de transformer cette remise en preuve que leurs difficultés sont désormais résolues.

Le projet #ExamReady visait notamment les élèves préparant le Caribbean Secondary Education Certificate, ou CSEC. Il associait accompagnement scolaire ciblé et meilleur accès aux ressources pédagogiques dans les établissements et leurs communautés. Les participants rencontrés dans les deux lycées ont partagé leurs résultats d’examen avec la délégation, rapporte l’UNESCO, sans que cette publication fournisse un taux de réussite ou une mesure d’impact. Cette limite importe : les témoignages donnent une voix aux élèves, mais ne suffisent pas à attribuer une progression scolaire à une seule initiative. L’intérêt de la visite tient d’abord à ce qu’elle rend visible le travail concret qui suit la phase d’urgence.

Une catastrophe continue de peser sur les apprentissages

Melissa a frappé la Caraïbe en octobre 2025. Dans sa présentation de l’aide d’urgence, l’UNESCO indiquait que son soutien à la Jamaïque devait contribuer au remplacement de matériel pédagogique et d’équipements de classe endommagés, ainsi qu’à l’accompagnement psychosocial des enseignants. Le choc ne s’arrête donc pas au moment où les bâtiments redeviennent accessibles. Un livre absent, un trajet compliqué ou un adulte épuisé peuvent encore réduire la qualité de l’apprentissage longtemps après que les images de la tempête ont quitté l’actualité internationale. Il ne s’agit pas de décrire chaque école visitée comme si elle avait subi les mêmes dégâts, mais de comprendre le contexte dans lequel intervient #ExamReady.

L’UNESCO a également annoncé en février 2026 une aide financière à cent futurs enseignants touchés par l’ouragan au Sam Sharpe Teacher’s College. Cette autre opération ne doit pas être confondue avec la distribution de septembre. Elle éclaire toutefois un même enjeu : assurer la continuité de l’éducation implique de soutenir à la fois les élèves, les ressources matérielles et celles et ceux qui enseigneront demain. Un système scolaire fragilisé ne retrouve pas sa capacité par un seul don. Il a besoin d’une chaîne de réponses, depuis l’urgence immédiate jusqu’à la formation, l’entretien et l’accès durable aux outils de travail.

Des jeunes acteurs, et non seulement bénéficiaires

Le caractère porté par des jeunes de #ExamReady change la perspective habituelle sur l’aide après catastrophe. La Jamaica Youth Advocacy Network n’apparaît pas simplement comme un relais de communication : elle est présentée par l’UNESCO comme partenaire d’un projet conçu pour aider d’autres jeunes à préparer leurs épreuves. Cette proximité peut rendre plus lisibles des obstacles très ordinaires, comme l’absence de manuels ou le besoin d’un accompagnement avant un examen. Elle ne dispense ni les autorités ni les bailleurs de leurs responsabilités. L’engagement civique des jeunes gagne à être reconnu et soutenu, plutôt qu’utilisé pour masquer les investissements de long terme nécessaires.

Dans une histoire publiée pour la Journée internationale de l’éducation 2026, l’UNESCO avait déjà raconté la mobilisation de Christina Williams et de volontaires étudiants après Melissa : assistance immédiate, soutien aux devoirs et espaces d’écoute figuraient parmi leurs actions. Ce récit constitue un éclairage sur l’implication de la jeunesse jamaïcaine, pas une liste des activités propres à #ExamReady. Distinguer les programmes évite d’additionner artificiellement leurs résultats. Ce qui les rapproche est une intuition pratique : les personnes concernées par une crise possèdent aussi des connaissances utiles pour organiser la réponse.

Ce que la fin d’un projet ne signifie pas

La clôture de #ExamReady est un jalon administratif et humain, non la fin de la reconstruction éducative dans St. Elizabeth. L’UNESCO décrit la remise de ressources et les échanges avec les écoles, mais ne fournit pas dans son article de suivi à long terme sur l’assiduité, les résultats comparés ou la disponibilité future des livres. Des questions demeurent : comment entretenir les espaces d’apprentissage, renouveler les fournitures, accompagner les prochaines cohortes et prendre en compte les effets émotionnels d’une catastrophe ? Ce sont des interrogations pour la suite, pas des défaillances que l’on pourrait imputer aux établissements sur la seule base d’une visite.

Pour B-EMPIRE, l’actualité se trouve précisément dans cette échelle modeste. Une tournée de quatre écoles ne répare pas à elle seule les dommages d’un ouragan, mais elle rappelle que le relèvement se mesure aussi à la possibilité, pour un élève, de reprendre une lecture et de se présenter à un examen avec les ressources nécessaires. Le partenariat entre un réseau de jeunes et une organisation internationale offre un modèle d’action situé, dont les effets devront être documentés avec le temps. En septembre 2026, le fait vérifiable est une transmission de matériel et la conclusion d’un projet de soutien. L’ambition plus vaste reste de faire de la continuité scolaire une priorité durable, même lorsque l’urgence médiatique est passée.

Sources

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