Didier Deschamps va refermer ce 18 juillet 2026 une page enorme du football francais. Officiellement, la France affronte l’Angleterre dans le match pour la troisieme place du Mondial 2026. En realite, les Bleus jouent beaucoup plus qu’une medaille de bronze. Ils jouent la derniere image de leur selectionneur, l’heritage d’un cycle de quatorze ans, et deja le debut d’une autre obsession nationale: Zinedine Zidane. Peu de selections dans le monde savent transformer un match de consolation en evenement politique, culturel et presque sentimental. La France, elle, sait le faire. C’est pour cela que ce rendez-vous depasse tres largement le cadre d’une simple affiche entre deux equipes deçues.
Les faits les plus recents sont clairs. Une depêche AP du 17 juillet 2026 rappelle que Deschamps dirige samedi son dernier match a la tete de l’equipe de France, au terme d’un regne de 14 ans, et que Zinedine Zidane est largement presente comme le favori pour lui succeder. Une autre depêche Reuters du 18 juillet 2026 souligne que Deschamps lui-meme refuse de banaliser ce France-Angleterre, en insistant sur le fait que ses joueurs ont le devoir d’aller chercher la troisieme place, meme si ni les Francais ni les Anglais ne voulaient vraiment disputer ce match. Enfin, une depêche AFP du 18 juillet 2026 remise en ligne par Al Jazeera insiste sur la dimension symbolique du moment: la fin d’un des plus longs et des plus marquants mandats de selectionneur dans l’histoire recente du football international. Le match existe donc a deux niveaux: sur la pelouse, et dans la memoire collective qui se met deja en place.
La fin d’un cycle qui a structure toute une generation des Bleus
En France, il y a des selectionneurs qui passent et des selectionneurs qui redessinent une epoque. Deschamps appartient a la deuxieme categorie. Quand il prend les Bleus en main, le pays sort encore de secousses sportives et symboliques profondes. En quatorze ans, il a remis l’equipe de France dans un circuit quasi permanent de tres haut niveau. Le bilan ne se resume pas a un seul titre mondial en 2018, meme si ce succes suffit deja a installer un homme dans l’histoire. Il faut y ajouter une finale de l’Euro 2016 a domicile, une finale du Mondial 2022 perdue au bout d’un scenario irrespirable, puis une nouvelle campagne qui s’arrete en demi-finale en 2026.
L’AP rappelle justement que cette sortie n’a rien d’un effondrement absolu. Elle ressemble plutot a une fin plus grise qu’esperee pour une generation que beaucoup voyaient capable de retrouver la finale. La blessure francaise du moment est la suivante: cette equipe avait la puissance offensive, les noms et la profondeur pour aller plus haut. Au lieu de cela, elle quitte le tournoi sur une nouvelle defaite face a l’Espagne, la troisieme dans un dernier carre majeur apres l’Euro 2024 et la Ligue des nations. Cette repetition donne a la fin de Deschamps une saveur particuliere: celle d’un immense cycle qui a garde son rang, mais qui n’a plus totalement controle son destin face a la nouvelle reference espagnole.
Pourquoi ce France-Angleterre est tout sauf un simple match de consolation
Deschamps l’a dit selon Reuters: ce n’est pas un amical. Cette phrase est importante, parce qu’elle resume l’enjeu du soir. Dans beaucoup de pays, le match pour la troisieme place est traite comme une formalite triste, presque decorative. En France, ce n’est pas si simple. Parce que le maillot des Bleus ne supporte jamais completement l’indifference. Parce qu’un dernier match de selectionneur change le statut de la rencontre. Et parce que la France affronte l’Angleterre, autre grand perdant des demi-finales, dans une rivalite qui produit toujours un echo mondial.
Reuters souligne d’ailleurs le ton tres direct de Deschamps: les joueurs ont selon lui une obligation envers le maillot, envers le staff et envers le pays. Ibrahima Konate a pousse la logique plus loin en expliquant que le groupe voulait offrir une sortie digne a son selectionneur. Derriere cette formulation, il y a une tension simple a comprendre: les Bleus n’ont pas seulement perdu le droit de jouer la finale, ils ont herite de la responsabilite de ne pas salir la derniere image d’un homme qui a structure l’equipe nationale pendant plus d’une decennie. Ce type de ressort peut compter enormement dans un match qui, sur le papier, n’avait rien d’exaltant.
L’ombre de Zidane change deja toute la lecture du moment
Si cette fin d’ere fascine autant, c’est aussi parce qu’elle ne s’acheve pas dans le vide. Elle s’acheve avec un nom immense en arriere-plan: Zinedine Zidane. L’AP n’annonce pas officiellement sa nomination, mais decrit tres clairement l’etat de la conversation autour des Bleus: Zidane est en pole. Et cela suffit a modifier le recit national. Chaque dernier geste de Deschamps est compare, meme implicitement, a la promesse du monde d’apres. Rarement une succession potentielle aura autant pèse sur la perception d’un match qui n’est meme pas une finale.
Pour la France, Zidane n’est pas un simple ex-coach de club prestigieux. Il est une figure patrimoniale, une silhouette qui relie 1998, Madrid, l’exigence du tres haut niveau et une forme de magnetisme populaire tres rare. Sa possible arrivee produit deja un double effet. D’un cote, elle valorise la sortie de Deschamps en confirmant que le banc des Bleus reste l’un des centres de gravite les plus puissants du football mondial. De l’autre, elle rend encore plus delicate la fin du mandat actuel, car tout semble deja basculer vers l’apres. En clair, Deschamps joue sa derniere bataille pendant que le pays se projette deja sur son successeur.
Un sujet tres francais, mais aussi mondial
L’interet de cet angle pour B-Empire Magazine est justement la: l’histoire est profondement francaise, mais elle se lit partout. Deschamps est une reference internationale. Zidane est une icone mondiale. Mbappe reste un des visages centraux du football global. Et l’equipe de France, qu’on l’aime ou non, demeure l’une des marques sportives les plus observees de la planete. Un changement de selectionneur chez les Bleus ne parle donc pas seulement a Paris, Marseille ou Clairefontaine. Il parle a Madrid, Buenos Aires, Londres, New York, Doha et bien au-dela.
Dans le contexte du Mondial 2026, ce sujet coche aussi une autre case essentielle: il offre un vrai point France sans s’enfermer dans un provincialisme editorial. Il raconte la fin d’un cycle hexagonal, mais il raconte surtout comment les grandes nations du football gerent le passage d’une generation a une autre. L’Espagne a deja donne l’impression d’entrer dans son futur. L’Argentine joue peut-etre la derniere grande finale du temps Messi. La France, elle, regarde simultanement sa fin de cycle et son prochain mythe possible sur le banc.
Mbappe, le vestiaire et la question de l’apres
Il existe enfin un enjeu plus discret, mais central: le dernier match de Deschamps n’est pas seulement son affaire. C’est aussi un moment de bascule pour les cadres du vestiaire, a commencer par Kylian Mbappe. Reuters note que Deschamps n’a pas voulu confirmer son statut de titulaire, se contentant de dire qu’il etait disponible. Cette prudence dit beaucoup de choses. D’abord, elle rappelle l’usure physique et mentale provoquee par la fin de tournoi. Ensuite, elle montre que l’apres-Deschamps ne sera pas seulement un debat de banc. Ce sera aussi une relecture du leadership sur le terrain, des responsabilites offensives, du rapport au collectif et de la maniere dont la France veut rejouer les grands matchs a venir.
Si Zidane arrive, il n’heritera pas d’un champ de ruines. Il heritera d’une selection encore elite, mais qui doit reconfigurer son autorite symbolique. Ce point est essentiel pour comprendre pourquoi le match de ce samedi 18 juillet 2026 compte vraiment. Une sortie ratee pourrait amplifier le sentiment de cycle epuise. Une sortie propre, avec une victoire sur l’Angleterre, permettrait au contraire de refermer l’ere Deschamps sans humiliation et de transmettre un groupe encore vivant au futur selectionneur.
Le dernier soir avant le basculement
Ce que la France regarde ce soir, ce n’est donc pas seulement un tableau d’affichage. Elle regarde un passage. Le passage d’un homme qui a rendu les Bleus stables, competitifs et souvent redoutes, a une autre figure qui pourrait vouloir les rendre encore plus dominants ou plus libres. Elle regarde la derniere parole d’autorite de Deschamps. Elle regarde aussi la facon dont ses joueurs choisissent de lui dire merci. Et elle observe deja, en creux, la place que prendra Zidane dans l’imaginaire collectif si la federation confirme ce que tout le monde pressent.
Le monde entier ne suivra peut-etre pas France-Angleterre pour sa medaille de bronze. Mais il le suivra pour ce qu’il raconte de la France, du football mondial et de la mise en scene des fins de regne. En cela, le match vaut beaucoup plus que son classement final. Il peut offrir a Deschamps une derniere sortie solide, rappeler que les Bleus restent un centre de pouvoir du foot mondial, et ouvrir presque officiellement le prochain grand chapitre. Dans un Mondial domine par les grands recits, celui-ci est l’un des plus puissants du moment.
Sources fiables
- Associated Press via NY1 – With Deschamps stepping down after 14 years, France needs a new coach and Zidane is in pole position (17 juillet 2026)
- Reuters via The Star – France don’t want third-place playoff but team want to deliver for departing coach (18 juillet 2026)
- AFP via Al Jazeera – Deschamps set for bittersweet end to France reign as Zidane waits (18 juillet 2026)


